Pour une législation sur le port du casque

Dans la foulée du dépôt du rapport du coroner en chef de l’Ontario lundi et de l’appel à une réglementation lancé par les quatre centres hospitaliers universitaires (CHU) hier, la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) souhaite réitérer sa position au sujet du port obligatoire du casque.

La FQSC, en tant qu’organisme qui représente des milliers de cyclistes au Québec, se range donc derrière ces spécialistes pour réclamer l’adoption d’une réglementation provinciale sur le port obligatoire du casque. Doublée à une importante campagne d’éducation, surtout chez les moins de 18 ans, l’instauration d’une loi permettrait de réduire de manière significative le nombre de blessures à la tête, de même que les décès qui peuvent s’en suivre.

Et malgré ce que certains prétendent, l’application d’une loi sur le port du casque protecteur n’aurait, comme toute nouvelle législation qui vise à changer les comportements, qu’un impact temporaire et limité sur le nombre d’adeptes du vélo.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) abonde également en ce sens et recommande l'application des lois rendant obligatoire le port du casque pour les cyclistes et les utilisateurs de deux-roues motorisés, et ce, depuis déjà plus de 10 ans.

Recommandations du coroner

Le coroner en chef de l'Ontario recommande le port obligatoire du casque à vélo, après avoir enquêté sur les 129 cas de cyclistes morts dans la province de 2006 à 2010. Selon le rapport dévoilé lundi, tous ces décès auraient pu être évités.

Six provinces canadiennes ont déjà adopté des lois à cet effet. En Colombie-Britannique, au Nouveau Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard, il est obligatoire de porter un casque, et ce à tout âge, alors qu’en Alberta et en Ontario, seuls les cyclistes de moins de 18 ans sont tenus de le porter.

Règlementation pour les moins de 18 ans

Les CHU de Québec, Sherbrooke, Sainte-Justine et McGill ont joint leur voix pour demander l’instauration d’une loi provinciale qui viendrait appuyer leurs efforts de sensibilisation à l’importance du port du casque à vélo. Les membres du comité de promotion de la santé, formé de professeurs des départements de pédiatrie des quatre CHU ont reconnu que la sensibilisation avait ses limites et qu’une législation s’avérait nécessaire.

Ainsi, l’obligation de porter un casque chez les moins de 18 ans permettrait de réduire considérablement les accidents graves et mortels à vélo.

« Porter un casque peut réduire de 85% le risque d’avoir un traumatisme crânien », a indiqué Dr Claude Cyr, pédiatre du CHU de Sherbrooke et instigateur de la règlementation adoptée dans cette ville.

« Il n’y a aucun cas de mortalité lorsque les enfants portaient un casque en vélo », a ajouté Jeffrey Atkinson, neurochirurgien à l'Hôpital de Montréal pour enfants.

Un investissement plutôt qu’une dépense

« Le système de santé va payer pour les gens qui se font hospitaliser. Il vaut mieux investir dans la prévention », a souligné le Dr Jean-Yves Frappier.

Selon ces médecins, les sommes investies seraient rapidement absorbées. Ils ont d’ailleurs souligné que chaque dollar investi dans les casques permet d’économiser 30$ en coût pour la société.

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