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9 mai - Marie-Hélène Prémont : le succès sur ordonnance…

Montréal, le 9 mai 2008 (Sportcom) - Un jour, pas si lointain, Marie-Hélène Prémont, la championne du vélo de montagne, deviendra pharmacienne. Mais en attendant de distribuer les ordonnances au comptoir, la cycliste de Château-Richer s’assure d’imposer sa loi dans les sentiers. Trois fois médaillée en trois courses en ce début de saison du circuit de la Coupe du monde, Marie-Hélène Prémont est nommée l’athlète Sportcom de la semaine du 4 mai.

« Trois (médailles), c’est quand même exceptionnel », raconte timidement l’athlète de 30 ans qui aspire à la première marche du podium de l’épreuve de cross-country des Jeux de Pékin. « Je n’ai aucune idée ce qui explique ces bons résultats et je ne m’y attendais vraiment pas. Je n’avais pas beaucoup roulé cet hiver à cause de la neige, mais j’avais un bon niveau de forme. Mon entraînement semble avoir été efficace. »

Marie-Hélène Prémont a remporté, dimanche, à Madrid, sa deuxième médaille d’argent de la saison. Le week-end précédent, en Allemagne, elle avait aussi décroché une deuxième place après avoir terminé au troisième rang de la première épreuve de la saison du circuit qui se déroulait en Belgique.

« Ce sont toujours les cinq ou six mêmes filles qui sont à l’avant et la lutte est très serrée », a expliqué la Québécoise qui, habituellement, concentre ses efforts à battre ses rivales norvégienne, russe, espagnole ou chinoise.

Vice-championne des Jeux olympiques d’Athènes en 2004, Marie-Hélène Prémont demeure donc dans le coup pour décrocher une médaille d’or à Pékin.

« Le parcours de Pékin n’est pas technique. Il est roulant », a soutenu la cycliste québécoise, qui avoue avoir un faible pour les parcours exigeant de meilleures habiletés de pilotage. « Il paraît que le circuit de Pékin ressemble beaucoup à celui de Madrid. Je suis quand même contente puisque ça prouve que je peux bien performer, même dans un parcours qui n’est pas technique. »

Il faudra bien une Canadienne ou un Canadien pour assumer le rôle de porte-drapeau du Canada lors des cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin. Compte tenu du début de saison extraordinaire de Marie-Hélène Prémont, est-ce que la candidature de cette athlète de la région de Québec pourrait être considérée?

« C’est la première fois qu’on me pose cette question. Ça ne m’a jamais traversé l’esprit. Je ne pense pas être une bonne candidate, parce que je ne serai probablement même pas présente au début des Jeux puisque ma compétition est à la toute fin. Je pense arriver pendant la deuxième semaine afin de bien me préparer et ne pas me laisser déconcentrer par tout ce qu’il y a autour comme ce fut le cas à Athènes. »

Marie-Hélène Prémont a déjà annoncé ses couleurs : elle dispute, cette année, sa dernière saison sur le circuit international. Un sujet qui, à ce stade-ci de l’année, n’est pas « pertinent » suggère poliment la future pharmacienne qui termine la troisième de quatre années d’études à l’Université Laval.

« On est encore en début de saison. Y’a plein de choses qui peuvent encore arriver. On en reparlera en septembre », a commenté la jeune femme en faisant appel au gros bon sens de son interlocuteur.

D’accord. La championne canadienne a visé juste. Alors, en guise de relance, on lui demande : « Aimes-tu ça encore te promener autour du monde? »

« Oui, j’aime ça, mais je ne suis pas le genre de fille à partir pendant des semaines. J’aime ça partir et revenir aussi! Comme athlète, c’est un privilège de pouvoir faire ça », confie la cycliste, de retour dans sa peau d’étudiante, alors qu’elle était à quelques heures de son dernier examen de fin de session.

« J’ai commencé à 17 ans. Je fais encore du vélo parce que j’aime ça. Après l’hiver, quand je saute sur mon vélo, je me rappelle à quel point j’apprécie l’adrénaline que ce sport me procure. J’aime l’entraînement et ça n’a jamais changé » s’empresse-t-elle de répondre.

« Mon sport est vraiment populaire au Québec. La relève est là, assure Marie-Hélène, contente d’avoir contribué à l’essor du vélo de montagne. C’est l’événement de la Coupe du monde au Mont Saint-Anne qui m’a incitée à pratiquer ce sport. J’étais bénévole là-bas et ça m’a donné le goût d’essayer ».

Marie-Hélène Prémont poursuit maintenant sa préparation en vue de sa participation au Championnat du monde de vélo de montagne qui aura lieu, en Italie, à la fin juin. Auparavant, elle prendra part à des courses à Andorre et en Grande-Bretagne. Prémont complètera son programme d’entraînement au Québec, puisqu’elle sera bien sûr inscrite aux épreuves de la Coupe du monde du Mont-Saint-Anne, à la fin juillet, et à celle de Bromont, au début du mois d’août.

Les Jeux olympiques de Pékin auront lieu du 8 au 24 août.

« Les Jeux, c’est juste une course. C’est sûr que je vais essayer d’atteindre mon sommet cette journée-là, mais je ne commencerai pas tout de suite à m’entraîner spécifiquement pour cette course. Trois mois, c’est quand même long… »

Effectivement, Marie-Hélène Prémont aborde chaque chose en son temps…

Source : Sportcom - Jean-François Poirier